Publié le 28 Mars 2021

Hommage à Bertrand Tavernier, mort ce jeudi 25 mars à l’âge de 79 ans.

Ses nombreux films ont exploré tous les genres, la comédie dramatique (Un dimanche à la campagne), le film de guerre (1914-1918 avec Capitaine Conan et La Vie et rien d'autre) l'histoire récente de la Guerre d'Algérie et ses conséquences ( La Guerre sans nom , La police et la violence (L 627, L'Appât). Son dernier long métrage de fiction Quai d'Orsay est une chronique savoureuse du Ministère des Affaires étrangères sous Dominique de Villepin

Il a reçu le César du meilleur réalisateur 4 fois. En 1976 pour Que la fête commence, en 1977 pour Le Juge et l’Assassin, en 1985 pour Un dimanche à la campagne, et enfin en 1997 pour Capitaine Conan.

 
 
Hommage à Bertrand Tavernier

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma

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Publié le 28 Mars 2021

Le comité de conseil du gouvernement japonais sur la crise sanitaire du coronavirus a approuvé jeudi que l'état d'urgence dans la capitale Tokyo prenne fin comme prévu le 21 mars.

Tokyo et les préfectures voisines de Kanagawa, Chiba et Saitama étaient en état d'urgence depuis début janvier, avec des restrictions sanitaires pas très strictes,  prévoyant notamment la fermeture des restaurants et bars à 20h00.

Au Japon, très peu d'interdictions, mais des citoyens disciplinés qui obéissent à de simples "recommandations". Le port du masque est généralisé partout depuis longtemps. C'est le ministre de l'Economie, Yasuhisa Nishimura, qui supervise la lutte contre l'épidémie, et non le ministre de la santé. Il déclare: "Nous demandons aux citoyens de continuer à prendre les précautions de base pour empêcher la propagation des infections".

En attendant, les Japonais fêtent calmement Hanami, sous les cerisiers en fleurs, par groupe d'au plus 5 personnes, avec masques.

Hanami à Tokyo

Hanami à Tokyo

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon

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Publié le 22 Décembre 2019

le 24 décembre 2019, veille de Noël, Pierre Soulages a 100 ans, et si tout va bien bon pied bon œil.

J'avais modestement échangé avec lui, en 2010 au Mac/Val de Vitry.

Le noir est sa couleur presque exclusive, on trouve rarement des bleus foncés ou des bruns. La ligne est le principal moyen d'expression de Soulages et ce dès le début de sa carrière. Dans cette œuvre à la fois ascétique, puissante et équilibrée, toute référence à la nature ou à l'anecdote est éliminée. Ce refus de la description n'est pas une forme de décision opportuniste ou circonstancielle, mais une nécessité impérieuse répondant au besoin d'intensité picturale qui, depuis l'origine, l'habite .

La reproduction de ses tableaux sur papier ou sur internet est toujours frustrante. Il faut se confronter à ses œuvres, voir l'épaisseur de la peinture, les reflets...

Quelques réflexions de Pierre Soulages:

« Quand j'ai commencé à peindre, j'avais 5 ans, j'aimais ça. Et ce qui surprenait les gens, c'est que je préférais, quand on me donnait des couleurs, tremper mon pinceau dans l'encrier... parce que j'aimais cette couleur, j'aimais le noir. »  
« J’aime l’autorité du noir. C’est une couleur qui ne transige pas. Une couleur violente mais qui incite pourtant à l’intériorisation. A la fois couleur et non-couleur. Quand la lumière s’y reflète, il la transforme, la transmute. Il ouvre un champ mental qui lui est propre. »  
« Je veux que celui qui regarde le tableau soit avec lui, pas avec moi. Je veux qu'il voie ce qu'il y a sur la toile. Rien d'autre. Le noir est formidable pour ça, il reflète. Les mouvements qui comptent ce sont ceux de celui qui regarde. »  
« L’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire. »
« La pratique est inséparable de l'art qui se fait jour avec elle. Autrement dit, le fond et la forme ne font qu'un. Je n'ai cessé d'inventer des instruments, le plus souvent dans l'urgence. N'arrivant plus à produire quelque chose, je m'empare de ce que j'ai sous la main. »

Soulages en 2010 au Mac Val

Soulages en 2010 au Mac Val

Soulages et Agnès Varda, qui est partie en 2019 au Paradis des artistes

Soulages et Agnès Varda, qui est partie en 2019 au Paradis des artistes

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain

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Publié le 15 Décembre 2019

Anna Karina  est morte à Paris samedi 14 décembre, à l’âge de 79 ans. Elle restera dans ma mémoire jeune et moderne.

Elle est repérée à 18 ans par Jean-Luc Godard, alors journaliste aux Cahiers du cinéma avec qui elle se marie en 1961 pour divorcer quelques années plus tard, en 1967.
De cette période bénie naissent sept films de Godard et elle devient  l’héroïne par excellence de la Nouvelle Vague,  poétique, fraîche et spontanément vraie. Dans l'ordre :
  Le Petit Soldat,  Une femme est une femme,   Vivre sa vie , Bande à part  ,   Pierrot le fou  ,
  Alphaville  , Made in USA.

Dans Pierrot le fou, Anna Karina interprète deux chansons de Serge Rezvani « Jamais je ne t’ai dit que je t’aimerai toujours, oh mon amour » et « Ma ligne de chance »

 

Jamais je ne t’ai dit que je t’aimerai toujours, oh mon amour

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma

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Publié le 15 Novembre 2019

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Le groupe 288 Vallée de l’Orge vous invite à un Ciné rencontre

Jeudi 21 novembre à 20h 30

Cinéma Le Calypso  Viry Châtillon

POUR SAMA

Journal d’une femme syrienne

de Waad al-Kateab et Edward Watts

Rencontre avec Marie Hélène Mathonnière, spécialiste de la Syrie au sein d’Amnesty International France.
 

Prix du meilleur documentaire au dernier Festival de Cannes, Pour Sama suit le parcours d’une jeune femme syrienne qui vit à Alep lorsque la guerre éclate en 2011. Elle y filme au quotidien les pertes, les espoirs et la solidarité du peuple d’Alep. Avec son mari médecin, ils sont déchirés entre partir et protéger leur fille Sama ou résister pour la liberté de leur pays

 

 

 

 

Pour Sama le 21 novembre au Calypso

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Amnesty International, #cinéma

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Publié le 16 Juin 2019

Mari Katayama est une artiste  contemporaine japonaise handicapée et vraiment hors norme

Née   en 1987 à Gunma avec des handicaps physiques et mentaux et seulement deux doigts à la main gauche, Mari Katayama a choisi à l’âge de neuf ans d’être amputée de ses deux jambes atrophiées. Depuis elle a transcendé sa condition au travers des œuvres qu’elle crée, utilisant son propre corps comme une sculpture vivante.

Dans ses portraits photographiques, Mari Katayama explore les nombreux défis auxquels elle doit faire face du fait de sa condition et de son identité, essayant de retracer les souvenirs de ses frustrations enfantines. Elle invite le spectateur à prendre en compte sa propre réalité, essayant de l'amener à reconnaître les forces qui ont modelé son idéal esthétique physique.

Sa photographie a été pour elle une façon d’avoir une conversation avec le spectateur et les objets en peluche incrustés de dentelle, de coquillages, de cheveux et de cristaux n’ont été créés que pour son propre amusement.

Mari Katayama artiste japonaise hors-norme

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Japon, #photographie

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Publié le 30 Mars 2019

Agnès Varda est morte, ce vendredi 29 mars 2019, respect et admiration pour cette immense artiste, qui a eu plusieurs vies bien remplies. Photographe à ses débuts, puis cinéaste dans le sillage de son mari, l'immense Jacques Demy. Elle est une des rares femme réalisatrice de la nouvelle Vague, elle sera toujours indépendante, productrice de ses propres films. Au début des années 2000, la vieille cinéaste devient , selon ses mots, jeune plasticienne.

Depuis 20 ans, j'ai eu la chance de la rencontrer en petit comité, la cinéaste au Festival du Film de la Rochelle, la plasticienne lors de vernissages au Musée d'art contemporain de Vitry, toujours avec son inimitable coiffure bicolore.

Ce fut le cas en 2010 pour l'exposition NEVERMORE

Inoubliable Agnès Varda

Les étapes marquantes, depuis 2002 de sa carrière de plasticienne sont

* 2002 PATATUTOPIA créé pour la Biennale de Venise , section Utopia Station. Installation formé de photos de pommes de terre à différents stades de décomposition/germination, de diaporama et de vraies pommes de terre étalées au sol.
* 2007 : Exposition multimédia "L'Île et Elle" à la Fondation Cartier

* 2009 : 10e Biennale de Lyon - Le spectacle du quotidien Varda présente Les Cabanes d'Agnès,
* 2010 NEVERMORE au Mac/Val
* 2012 Des Chambres en ville ; Passage Pommeraye, Nantes ; dans le cadre de Le Voyage à Nantes-Estuaire 2012

Sa carrière de cinéaste est mieux connue

En 1954, utilisant de sobres moyens, elle crée La Pointe Courte avec Philippe Noiret et Silvia Monfort comme acteurs et Alain Resnais comme monteur. Ce film fera date, car il apporte un souffle de liberté sur le cinéma français.

Cinq ans plus tard, elle produit Cléo de 5 à 7, un film sur une chanteuse à la plastique superbe et mortellement malade. Varda produira d'autres films qui feront d'elle, dans les années 1960, l'une des représentantes de la Nouvelle Vague, bien qu'elle s'en défende.

Entre 1968 et 1970, elle séjourne à Los Angeles, où elle produit un film hippie-hollywoodien : Lions love. De retour en France, elle tourne un film féministe et optimiste : L'une chante, l'autre pas. Puis, repartie à Los Angeles entre 1979 et 81, elle tourne deux documentaires : l'un très remarqué sur les peintures murales : Mur murs et Documenteur.

En 1985, Sans toit ni loi, mettant en vedette Sandrine Bonnaire, lui vaut le Lion d'or à Venise.  

Après la mort de son époux Jacques Demy en 1990, elle réalise trois films en son hommage : Jacquot de Nantes, une fiction et deux documentaires : les Demoiselles ont eu 25 ans et l 'Univers de Jacques Demy.

En 1999, les Glaneurs et la glaneuse est un autre moment important dans sa carrière. Elle y utilise extensivement une caméra numérique, ce qui lui donne l'occasion de réaliser, seule, une œuvre sur le glanage.

Enfin en 2017 elle réalise  Visages, Villages en collaboration avec le plasticien  JR

Inoubliable Agnès Varda

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Documentaire, #art contemporain, #cinéma, #Agnès Varda, #Mac-Val

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Publié le 9 Novembre 2018

Le deuil de la Grande Guerre a déterminé les communes à rendre hommage à leurs morts pour la Patrie. 30 000 monuments sont érigés en France de 1919 à 1926, soit environ quinze inaugurations par jour les trois premières années d’après-guerre. La France manque alors de sculpteurs et même de matériaux, car il faut aussi reconstruire une partie du pays.

Le monument aux morts de Campan (Hautes Pyrénées) est sculpté par Edmond Chrètien, artiste bordelais et érigé en 1926, devant l'église, à la droite du portail sud, il se distingue par son aspect sobre et émouvant.

Hormis les dates et la liste des morts, le monument ne contient aucune référence à la guerre : ni soldat, ni arme. À l'opposé des soldats héroïques qui ornent bien des monuments en France, la statue qui le domine représente une femme en deuil, qui porte le vêtement de deuil traditionnel de la vallée, le long capulet noir. Son visage est sculpté, mais invisible, car profondément enfoncé et à contre-jour.

Monument aux morts

Monument aux morts

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Centenaire, #première Guerre Mondiale, #Campan

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Publié le 8 Novembre 2018

Dernier volet de ce rapide tour d'horizon des films les plus importants, en ce centenaire de l'armistice de 1918.

  • 1989 La Vie et rien d'autre de Bertrand Tavernier. Le film se situe en novembre 1920. La Première Guerre Mondiale est achevée depuis deux ans. La France panse ses plaies et se remet au travail.Le conflit s’est interrompu, mais les plaies profondes qu’il avait ouvertes ont demeuré, béantes, dans les périls d’une terre ravagée, dans les meurtrissures d’une chair mutilée, ou dans les tourments d’une mémoire traumatisée. Irène, une grande bourgeoise parisienne part à la recherche de son mari, porté disparu au front. Sa route croise celle du commandant Dellaplane, qui dirige le Bureau de recherche et d'identification des militaires tués ou disparus. Perrin, un collègue du commandant, est pour sa part chargé de dénicher la dépouille d'un soldat inconnu, qui sera enseveli au pied de l'Arc de triomphe. Dellaplane apporte aussi son aide à Alice, une jeune institutrice qui a perdu son fiancé. Bertrand Tavernier tente la résurrection d’une population enfouie, enterrée par l’histoire institutionnelle, et par des autorités politiques ou militaires qui avaient intérêt à minimiser l’ampleur du drame démographique.
  • 2001 La Chambre des officiers . En août 1914, aux premiers jours de la guerre, Adrien, un jeune lieutenant, part en reconnaissance à cheval. Un obus éclate et lui arrache le bas du visage. La guerre, c'est à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce qu'il la passe, dans la chambre des officiers. Il est le premier à occuper cette pièce à part réservée aux gradés atrocement défigurés par leurs blessures. Il est bientôt rejoint par de nombreux officiers qui réagissent, chacun avec leurs personnalités aux souffrances qu'ils subissent. Dans ce film, François Dupeyron dénonce bien sûr les atrocités de la guerre, mais s'intéresse en priorité aux réactions individuelles devant la perte d'identité que constitue une mutilation grave. Dans cette situation, les premiers temps sont une lutte contre la souffrance physique, mais une fois que celle-ci devient moins aigue, il faut affronter le regard des autres, des proches, mais surtout son propre regard.
  • 2005 Joyeux Noël de Christian Carion. La première année de la guerre, Noël 1914 arrive avec son cortège de cadeaux venant des familles et des états-majors. Mais l'impensable se produit : pour quelques instants, on va poser le fusil pour aller, une bougie à la main, voir celui d'en face, pourtant décrit depuis des lustres, à l'école aussi bien qu'à la caserne, comme un monstre sanguinaire, et, la musique coutumière des chants de Noël aidant, découvrir en lui un humain, lui serrer la main, échanger avec lui cigarettes et chocolat, et lui souhaiter « un joyeux Noël », Frohe Weihnachten. Le film rassemble plusieurs épisodes historiques de fraternisation, survenus en différents endroits du front à la Noël 1914. Tous sont attestés par différents témoignages et preuves historiques. Tout est authentique dans ce film issu d'un travail d'exploration des archives.

Deux films récents renouvèlent le genre:

  • 2017 Les Gardiennes de Xavier Beauvois. En août 1914, dans une ferme des Deux-Sèvres, Hortense Misanger voit partir ses deux fils Georges et Constant et son gendre Clovis. Le mari d'Hortense, Claude est usé par le travail et n'a plus la volonté de continuer. Dotée d'une grande énergie et d'un caractère particulièrement autoritaire, Hortense va se dépenser sans compter et imposer implacablement sa volonté à son entourage au mépris des conséquences et du bonheur réel des membres de sa famille. La singularité du film se déploie, en décalage de tous les films centrés sur les poilus et les tranchées. La narration est hors du temps, pendant des saisons, des années. Ces vies suspendues à une éventuelle mauvaise nouvelle, qui arrive par l'intermédiaire du maire, chargé d'annoncer les décès, et toutes les échéances sont reportées à un hypothétique « après la guerre », prononcé comme une formule magique. Quand les hommes reviennent pour une permission, ils sont fantomatiques, hagards, hantés par la barbarie des combats, les seules scènes de guerre proviennent de leurs cauchemars.
  • 2017 Au revoir là-haut d' Albert Dupontel. En novembre 1920, Albert Maillard est interrogé par un officier de la Gendarmerie française, au Maroc. Il raconte la fin de sa participation à la Première Guerre mondiale, sa rencontre avec Édouard Péricourt, fils de bonne famille parisienne défiguré lors du conflit. Ensemble, ils montent une opération d'escroquerie. L'histoire suit également Henri d'Aulnay-Pradelle, leur ancien lieutenant va-t-en guerre devenu lui aussi escroc et qui est parvenu à intégrer la famille Péricourt, dont le patriarche règne sur la classe politique parisienne. Albert Dupontel s’en donne à cœur joie pour dénoncer les ravages du patriotisme et le cynisme des puissants. Sa virulence politique est indissociable d’une profonde tendresse pour les marginaux. Le cinéaste aime le burlesque mais n’a pas peur du mélo, il réussit à rendre très émouvantes des scènes qui, sur le papier, avaient tout pour être ridicules. Albert Dupontel réalise de formidables trouvailles visuelles, à travers la collection de masques portés par Édouard pour cacher sa gueule cassée, tout l’art moderne et la culture populaire du début du XXe siècle défilent.
Les Gardiennes de Xavier Beauvois

Les Gardiennes de Xavier Beauvois

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma, #première Guerre Mondiale, #Centenaire

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Publié le 7 Novembre 2018

La période 1947-1979 produit les films les plus durs et les plus critiques envers la première Guerre mondiale. (suivre les liens pour plus de détails)

  • 1947 Le Diable au corps, de Claude Autant-Lara. A l'époque, le cinéma exalte la Résistance, l'esprit patriotique et la victoire. Autant-Lara fait scandale en adaptant le roman de Raymond Radiguet, l'histoire d'amour d'une jeune fiancée d'un soldat mobilisé, aide soignante dans un hôpital militaire et d'un adolescent, en pleine guerre de 14-18. Le film fait scandale avec la liaison « immorale » entre Marthe et François. Alors que Marthe est enceinte, le retour du soldat est annoncé comme un présage funeste, tandis que la promesse de sa mort semble un soulagement.
  • 1957 Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick. Lors d'un l'assaut des forces françaises, le régiment du colonel Dax est repoussé par le feu ennemi, subit de lourdes pertes et doit se replier. Observant la scène et s'apercevant qu'une partie des hommes n'a pas quitté la tranchée, le général Mireau enrage et ordonne de tirer au canon sur ses propres troupes pour les forcer à attaquer. De plus, il traduit le régiment en conseil de guerre pour « lâcheté devant l'ennemi », souhaitant qu'une centaine des soldats soient fusillés. Le colonel Dax repousse cette initiative qu'il juge révoltante et barbare. Finalement, le général Broulard pousse au compromis : seuls trois hommes, un par compagnie, seront jugés. Les 3 soldats seront fusillés le lendemain.
    Le film s'inspire de plusieurs faits réels. Pendant la Première Guerre mondiale, environ 2 500 soldats français ont été condamnés à mort par les conseils de guerre, dont un peu plus de 600 furent réellement fusillés « pour l'exemple ».
    Stanley Kubrick s'appuie entre autres sur l'affaire des caporaux de Souain où le général Réveilhac aurait fait tirer sur son propre régiment refusant de sortir des tranchées lors d'un assaut impossible, avant de faire exécuter quatre soldats en mars 1915, qui seront réhabilités en 1934.
    A sa sortie,le film est apprécié aux États-Unis car, au premier degré, la cible explicite est l’armée française. En France, les efforts diplomatiques aboutissent et il ne sera pas même soumis à la commission de censure. Les cinéphiles iront le voir en groupe en Belgique. Le film sortira en France dix-huit ans plus tard, au milieu de l'été 1975.
  • 1970 Les Hommes contre de Francesco Rosi.Le jeune et idéaliste lieutenant Sassù est mêlé aux carnages d'une guerre de position entre L'Autriche et l'Italie. Les combats se déroulent dans une zone montagneuse près d'Asiago dans la région de la Vénétie, Italie. La division du général Leone, dans un mouvement de panique, a abandonné une importante position que le général va s'acharner à essayer de reprendre.
    Soucieux du sort de ses hommes et s'élevant contre les décisions de la hiérarchie militaire, tentant aussi de circonvenir le calamiteux général Leone, le lieutenant Sassù est fusillé comme insoumis.
    Ce film dénonce les horreurs inutiles pour la prise de la colline de Montefiore sous les ordres d'un général malchanceux plus qu'incompétent, les mutineries, les exécutions qui s'ensuivent, événements fort comparables aux mutineries de 1917 dans les armées françaises et anglaises. À noter qu'avec 2 800 soldats fusillés pour mutinerie, abandon de poste, mutilation volontaire ou désertion, l'Italie détient le record de 14-18.
    À sa sortie, en Italie, le film l'objet de polémiques et même d'un procès pour « dénigrement de l'armée » qui se termina par un acquittement.
  • 1971 Johnny s'en va-t-en guerre de Dalton Trumbo. Joe Bonham est un jeune américain plein d'enthousiasme qui décide de s'engager pour aller combattre sur le front pendant la Première Guerre mondiale. Au cours d'une mission de reconnaissance, il est gravement blessé par un obus et perd l'usage de ses quatre membres ainsi que la parole, la vue, l'ouïe et l'odorat. Allongé sur son lit d'hôpital, il se remémore son passé et essaie de deviner le monde qui l'entoure à l'aide de la seule possibilité qui lui reste : la sensibilité de la peau de son torse. Sa voix intérieure évoque la manière dont il se rend compte peu à peu de son infirmité. Les scènes dans l'hôpital avec la voix intérieure alternent avec des scènes de souvenir et de rêve. Très pessimiste, le film constitue un double manifeste, à la fois contre la guerre et pour l'euthanasie.
    Alors que les États-Unis étaient en pleine Guerre du Vietnam, la sortie du film et sa reconnaissance au festival de Cannes 1971 eurent une seconde résonance avec l'actualité. Les divers mouvements pacifistes et antimilitaristes des années 1970 firent de Johnny s'en va-t-en guerre une œuvre majeure dans laquelle il convient de voir l'un des plus violents réquisitoires de la littérature et du cinéma américain contre l'absurdité de toutes les guerres.
  • 1976 La Victoire en chantant de Jean-Jacques Annaud. Aux confins du Cameroun et de l'Oubangi, des colons français et allemands apprennent en janvier 1915 que leurs pays sont en guerre. Les patriotes décident alors de former leur propre armée en recrutant exclusivement parmi les indigènes pour aller corriger la colonie allemande postée à quelques encablures de là sans vraiment se douter qu'une guerre peut être dangereuse.
Les Sentiers de la gloire (Stanley Kubrick)

Les Sentiers de la gloire (Stanley Kubrick)

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Centenaire, #cinéma, #première Guerre Mondiale

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