japon

Publié le 28 Mars 2021

Le comité de conseil du gouvernement japonais sur la crise sanitaire du coronavirus a approuvé jeudi que l'état d'urgence dans la capitale Tokyo prenne fin comme prévu le 21 mars.

Tokyo et les préfectures voisines de Kanagawa, Chiba et Saitama étaient en état d'urgence depuis début janvier, avec des restrictions sanitaires pas très strictes,  prévoyant notamment la fermeture des restaurants et bars à 20h00.

Au Japon, très peu d'interdictions, mais des citoyens disciplinés qui obéissent à de simples "recommandations". Le port du masque est généralisé partout depuis longtemps. C'est le ministre de l'Economie, Yasuhisa Nishimura, qui supervise la lutte contre l'épidémie, et non le ministre de la santé. Il déclare: "Nous demandons aux citoyens de continuer à prendre les précautions de base pour empêcher la propagation des infections".

En attendant, les Japonais fêtent calmement Hanami, sous les cerisiers en fleurs, par groupe d'au plus 5 personnes, avec masques.

Hanami à Tokyo

Hanami à Tokyo

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon

Repost0

Publié le 16 Juin 2019

Mari Katayama est une artiste  contemporaine japonaise handicapée et vraiment hors norme

Née   en 1987 à Gunma avec des handicaps physiques et mentaux et seulement deux doigts à la main gauche, Mari Katayama a choisi à l’âge de neuf ans d’être amputée de ses deux jambes atrophiées. Depuis elle a transcendé sa condition au travers des œuvres qu’elle crée, utilisant son propre corps comme une sculpture vivante.

Dans ses portraits photographiques, Mari Katayama explore les nombreux défis auxquels elle doit faire face du fait de sa condition et de son identité, essayant de retracer les souvenirs de ses frustrations enfantines. Elle invite le spectateur à prendre en compte sa propre réalité, essayant de l'amener à reconnaître les forces qui ont modelé son idéal esthétique physique.

Sa photographie a été pour elle une façon d’avoir une conversation avec le spectateur et les objets en peluche incrustés de dentelle, de coquillages, de cheveux et de cristaux n’ont été créés que pour son propre amusement.

Mari Katayama artiste japonaise hors-norme

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Japon, #photographie

Repost0

Publié le 17 Juillet 2017

C’est après avoir lu un livre sur Hiroshima que Jean-Gabriel Périot avait pris conscience qu’il existait un manque de connaissance globale des événements ayant mis fin à la Seconde Guerre Mondiale. De cette réflexion était né en 2007 son court métrage 200 000 Fantômes. Ce film explorait l’histoire du Dôme de Genbaku, l’un des rares bâtiments à être resté debout malgré sa proximité avec l’hypocentre de l’explosion, au travers de 650 images d’archive mises bout à bout s’étalant sur une période comprise entre 1914 et 2006.

Dix ans plus tard, Jean-Gabriel Périot traite à nouveau de l’histoire d’Hiroshima dans Lumières d’été. Cette réflexion autour du manque de connaissances est par ailleurs énoncée à voix haute par le personnage de Akihiro, quand celui-ci déclare que les Français ne se soucieront pas de son documentaire puisqu’ils n’ont que très peu d’intérêt pour un événement vieux de 72 ans qui a eu lieu à l’autre bout du monde.

Le film débute sur le tournage d’un documentaire télévisé. En ouvrant son long métrage par une audacieuse interview de vingt-cinq minutes en plan séquence, le réalisateur français explore les souvenirs d’une survivante ayant connu le bombardement atomique d’Hiroshima lorsqu’elle était une jeune fille. Cette hibakusha confronte alors Akihiro, l’intervieweur, et les spectateurs au récit asphyxiant et pesant des moments de terreur et d’incompréhension qui régnaient sur Hiroshima le 6 août 1945 et les jours suivants.

Mme Takeda, une survivante d’Hiroshima, relate ses souvenirs. Elle raconte la courte vie et la mort prématurée de sa sœur, élève infirmière, qui a soigné les bléssés d'Hiroshima, avant de succomber aux effets de radiations. C’est en faisant appel à une actrice que Jean-Gabriel Périot a pu mettre en scène cette bouleversante ouverture. Souhaitant initialement recueillir le témoignage d’une vraie hibakusha et y inclure une légère modification pour nourrir le travail de fiction qui allait suivre, le réalisateur français s’est confronté à l’impossibilité des survivants de modifier leur récit par respect pour les diverses personnes impliquées, blessées ou décédées. Dès lors, il a fait le choix avec sa co-scénariste Yoko Harano, elle-même petite fille de hibakusha, de réunir différents témoignages pour en construire un nouveau qui permettrait à la fois d’embrasser le travail de fiction que constitue Lumières d’été et de retracer le plus fidèlement possible les événements.

Quittant le plateau, très touché, il marche dans le Parc de la Paix et rencontre Michiko une femme native d’Hiroshima, qui a toujours vécue là. Elle est jeune, mais parle (seul les spectateurs japonais peuvent reconnaitre le parler d'Hiroshima des années 1950) et s’habille comme une « vieille ». Elle lui parle de sa ville, ils continuent à marcher. Leurs sourires, leurs hésitations, et leur gêne drôlement contenue annoncent bien plus qu’un amour à venir.

Avec un entrain communicatif, ils parlent aux passants, et rencontrent un vieil homme qui a vécu le bombardement. La jeune Japonaise en est très émue, elle qui parle d’histoire doctement, évoquant de nombreux détails troublants. Elle parle de ses études d'infirmière interrompues. Le japonais, parisien qu’il est devenu, réapprend à sourire, à parler aux inconnus dans la rue. Ils rencontrent un grand-père qui apprend à pêcher à son petit-fils. Il les invite à venir partager un repas du soir.

Akihiro se retrouve, au bout de la nuit, sur le lieu d’une étrange cérémonie. C'est un Bon Odori, danse de la fête des morts, traditionnellement célébrée dans le Kansai autour du 15 août, date très proche du 6 août, anniversaire du bombardement. Cette fête très particulière, il en saisit le sens, alors qu’il redécouvre seulement les traditions du Japon. Se laissant emporter, il commence à percevoir ce qui advînt ici. « Ce qui, jusque-là, était resté invisible ». Ce que, maintenant, il vit, découvrant au matin que Michiko à disparu et que son rêve d'amour avec un fantôme était impossible.

Pour autant, cette figure ne ressemble en rien aux fantômes occidentaux et adopte des traits plus poétiques pour affirmer un lien irrémédiable avec le passé. Bien que ce fantôme ait recours au dialecte usité à Hiroshima en 1945, il rompt avec la représentation habituelle de ces êtres dans la culture japonaise. Loin de formes particulières pouvant l’apparenter à un ectoplasme, cette figure fantomatique trouve son unicité dans son absence de but concret. Bien qu’il symbolise le passé indissociable de la ville d’Hiroshima, ce fantôme n’a pour raison d’exister que la volonté de marquer une étape de transition dans la vie des différents individus qu’il croise et accompagne.

Voir aussi

Autres films

Lumières d'été, se souvenir d'Hiroshima

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma, #Japon, #politique

Repost0

Publié le 12 Février 2017

Rendons hommage à Jirô Taniguchi mangaka japonais, mort, à l'âge de 69 ans, samedi 11 février 2017.

Invité pour la première fois en 1991 au Festival d'Angoulême, Jirô Taniguchi était alors inconnu. Il était revenu en 2015 comme invité d'honneur.

Lecteur dans sa jeunesse de mangas, il décide de devenir mangaka en 1969, et devient l'assistant de Kyūta Ishikawa. Il publie sa première bande dessinée en 1970 : Kareta heya, puis devient assistant de Kazuo Kamimura. C'est à cette époque qu'il découvre la bande dessinée européenne, alors inconnue au Japon, et dont le style (netteté et diversité du dessin), notamment celui de la Ligne claire, va fortement l'influencer.

Il s'associe dans les années 1980 avec les scénaristes Natsuo Sekikawa (également journaliste) et Caribu Marley, avec lesquels il publiera des mangas aux styles variés : aventures, policier, mais surtout un manga historique, Au temps de Botchan ( Botchan no jidai, 2002-2006), sur la littérature et la politique dans le Japon de l'ère Meiji.

Autour du thème de la relation entre l'homme et la nature, il s'attache particulièrement à l'alpinisme, avec K, Le Sauveteur, Le Sommet des dieux (Kamigami no Itadaki, 2004). L'histoire présente deux thèmes principaux, tous deux inspirés de faits réels et articulés autour des enquêtes du photographe Fukamachi Makoto . Le premier est la rivalité entre deux alpinistes japonais, Hase Tsunéo, qui a été fortement inspiré de Tsuneo Hasegawa, alpiniste conventionnel, et Habu Jôji, d'origine modeste et marginalisé par une ascension ayant entrainé la mort de son coéquipier. Il est maintenant obligé de grimper en solitaire et dans la clandestinité.
Le second thème, qui maintient le suspense tout au long des 5 tomes, est le mystère entourant le sort de George Mallory, le célèbre alpiniste qui fut le premier à essayer de vaincre l'Everest. George Mallory disparût avec Andrew Irvine, lors de cette ascension en 1924, sans que l'on puisse savoir s'ils sont parvenus au sommet. L'appareil photo de Mallory, jamais retrouvé, pourrait fournir des indices précieux, et celui-ci serait peut-être réapparu dans une boutique de Kathmandou.

Son dessin, bien que caractéristique du manga, est cependant accessible aux lecteurs qui ne connaissent que la bande dessinée occidentale. Taniguchi dit d'ailleurs trouver peu d'inspiration parmi les auteurs japonais, et est plus influencé par des auteurs européens, tel que Jean Giraud, avec qui il a publié Icare, ou François Schuiten, proche comme lui de La Nouvelle Manga, mouvement initié par Frédéric Boilet, le promoteur du manga d'auteur en France.

Son histoire d'amour avec la France débute en 1995 lorsque Casterman publie L'Homme qui marche. Ces déambulations dans les rues de Tokyo sont prétextes à l'observation, aux souvenirs et aux plaisirs minuscules que procurent la vue d'un arbre ou le rire d'un enfant, ces récits de promenade inaugurent un genre nouveau.

Le vrai déclic se produit en 2002 avec Quartier lointain (Haruka-na machi, 2002). Cette histoire fantastique d'un quadragénaire condamné à revivre l'année de ses 14 ans devient par la grâce du bouche-à-oreille un phénomène d'édition. Plus de trois cent mille exemplaires vendus et un intérêt qui ne faiblit pas, puisque en 2010 le manga a été porté à l'écran par le Belge Sam Garbarski, puis adapté un an plus tard au théâtre par le Suisse Dorian Rossel. Virtuose de la mise en scène, le mangaka sait faire parler les images. Il excelle dans les décors minutieux et les situations suspendues où les regards, les silences et les non-dits en disent davantage que n'importe quel dialogue. Densité de l'image et économie de paroles pour un maximum d'émotion.

Notons encore Les Années douces ( Sensei no kaban, 2008 ).Tsukiko, 35 ans, croise par hasard, dans le café où elle va boire un verre tous les soirs après son travail, son ancien professeur de japonais. Elle est, semble-t-il, une célibataire endurcie, quant à lui, il est veuf depuis de longues années, et dépasse les 70 ans. La relation de Tsukiko et du Maître est indéfinissable, parfois distante et presque froide, parfois proche de celle d'un couple d'amoureux, parfois d'une très forte amitié, parfois simplement de deux êtres qui se découvrent et sont apaisés par les mêmes choses est, quoi qu'il en soit, singulière est douce, douce comme ces années qu'ils passeront à se croiser et s'arrêter l'un à côté de l'autre. Mais insensiblement le hasard fait place aux rendez-vous programmés et l'amour platonique devient contacts physiques poussés.

Taniguchi, pourtant, n'était pas toujours prophète en son pays. Sa notoriété y est sans commune mesure avec la passion qu'il suscite en France. Adapté en série et diffusé sur TV Tokyo, Le Gourmet solitaire ( Kodoku no gurume, 2005) fait d'excellentes audiences, les déambulations tokyoïtes d'un commercial en costard-cravate à la recherche des gargotes où l'on prépare encore le porc sauté, les haricots noirs sucrés ou les beignets de poulpe à l'ancienne passionnent un public urbain à la recherche de ses racines. Sorti au Japon en 1994 dans un quasi-anonymat et réédité depuis la diffusion de la série, le manga s'est écoulé à plus de quatre cent mille exemplaires.

Hommage à Jirô Taniguchi

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon, #Manga

Repost0

Publié le 18 Septembre 2015

Tatsuo Kawaguchi ( : 河口 龍夫) plasticien contemporain japonais né en 1940 à Kôbe

Tatsuo Kawaguchi est un peintre sculpteur d'assemblages, multimédia; conceptuel. Élève de l'Université des beaux-arts Tama à Tokyo, il en sort diplômé en 1962.

En 1968 et 1973, il reçoit le Prix de La JAFA. Il enseigne à l'Université de Akashi.

Dès ses débuts, son intérêt pour l'art conceptuel apparaît dans sa peinture. Ensuite, il utilise la lumière, la vidéo, la photo, le film, en tant que nouveaux médias. Il réalise des assemblages de repères, répartis dans l'espace, dont certains sont excités électriquement.

  • 1962 : première exposition personnelle à Osaka
  • 1972 : première Biennale de Kyoto
  • 1973 : 3e Biennale de Paris
  • 1974 : L'Art Japonais d'aujourd'hui au Musée d'art contemporain de Montréal
  • 1989 : « Magiciens de la Terre » , exposition présentée simultanément au Centre Georges-Pompidou et à la Grande Halle de la Villette, à Paris.
  • 2003 : Echigo-Tsumari Art Triennial, Echigo-Tsumari, Niigata
  • 2010 : The Setouchi International Art Festival, Shodoshima, Kagawa
Stone and Light no. 4

Stone and Light no. 4

Setouchi International Art Festival, 2010

Setouchi International Art Festival, 2010

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Japon

Repost0

Publié le 16 Octobre 2014

Masunobu Yoshimura ( japonais 吉村益信, Yoshimura Masunobu) plasticien contemporain japonais, né en 1932 à Ôita (île de Kyushu) et décédè en 2011

En 1960, le groupe nouvellement formé des Neo-Dada Organizers se réunissaient dans son atelier, connu sous le nom de « White House ». Là, ils rédigeaient des tracts, allaient manifester dans la rue et travaillaient en vue des Indépendants Yomiuri. Par la suite Masunobu Yoshimura lui-même sera surnommé "White House".

En avril 1960, à la première exposition du groupe, à la Galerie Ginza de Tokyo, Masunobu Yoshimura s'enveloppe dans les affiches de l'exposition jusqu'à ressembler à une momie. Il déambule ainsi déguisé dans les rues du quartier.

Dans les années 1960, il fonde son travail sur la technologie et produit des sculptures comme Anti-Material; Light on Möbius, 1968 , composé d'ampoules monté sur un ruban de Möbius. Il est retenu comme artiste pour le pavillon du Japon à l'exposition universelle d'Osaka en 1970; il y présente Ô Garasu (peut signifier un verre , glass, ou, un grand corbeau).

happening à Ginza avril 1960

happening à Ginza avril 1960

Pig; pig lib 1971

Pig; pig lib 1971

Ô Garasu, le grand corbeau 1970

Ô Garasu, le grand corbeau 1970

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Japon

Repost0

Publié le 13 Octobre 2014

Tatzu Nishi aime manipuler les conventions, notamment celles qui président aux notions du beau et du laid. Il détourne de leur fonction des objets ou monuments de l’espace public. Son travail s’attache particulièrement à tous les objets qui composent nos villes : bancs publics, lampadaires, arrêts de bus et surtout monuments et statues. En les détournant de leur fonction première, en les mettant dans des situations inattendues, incongrues, il les révèle sous une lumière différente, drôle et poétique. Le plus souvent, il intègre ces objets de l’espace public à l’intérieur d’espaces privés.

Depuis 2001, il développe un travail plus ambitieux autour des grandes sculptures classiques qu’on trouve dans toute ville. Ces statues, par la force de l’habitude, deviennent quasiment invisibles aux yeux du citadin. En les intégrant dans des espaces clos de type privatif, il les met à nouveau en lumière, et propose une relation toute autre entre l’œuvre et le visiteur. Toutes les pièces que Tatzu Nishi a réalisées dans les grandes manifestations artistiques auxquelles il a participé, ont été perçues comme de véritables évènements.

La plupart de ses réalisations sont temporaires, mais habitables. Il est souvent possible de réserver pour une nuit ses chambres provisoires. Quelques réalisations sont pérennes comme la Villa Cheminée de Cordemais, réalisée dans le cadre d'Estuaire, entre Nantes et St Nazaire.

Tatzu Nishi ( japonais : 西野 達, Nishino Tatzu) plasticien contemporain japonais est né en 1960 à Nagoya.
Il utilise également les pseudonymes Tazu Roos, Tatzu Oozu,Tatsurou Bashi ou Tazro Nishino.
Tatzu Nishi a étudié à l'Université d'Art de Musashino , à Tokyo de 1981 à 1984.
Il s'installe en Allemagne à partir de 1989 et s'inscrit à Kunstakadamie de Münster.
Tatzu Nishi vit et travaille en Allemagne (Berlin) et au Japon (Tokyo)

Plus de détails : Tatzu Nishi plasticien contemporain (1960)

Villa Cheminée , Cordemais, depuis 2009

Villa Cheminée , Cordemais, depuis 2009

Villa Victoria, Liverpool, 2002

Villa Victoria, Liverpool, 2002

Hotel Manta, Helsinski, Finlande, 2014

Hotel Manta, Helsinski, Finlande, 2014

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Japon

Repost0

Publié le 20 Juin 2014

Hiroshi Sugimoto est photographe mais aussi plasticien comme en témoigne sa rénovation du sanctuaire Go'O à Naoshima.

Dans une exposition (très) personnelle au Palais de Tokyo à Paris (25 avril au 7 septembre 2014) , Hiroshi Sugimoto explore la nature du temps, de la perception et les origines de la conscience. «Aujourd’hui le monde est mort [Lost Human Genetic Archive]» est une nouvelle version d’une exposition que Hiroshi Sugimoto élabore depuis une dizaine d’années en juxtaposant ses collections d’objets, provenant d’époques et de cultures disparates, et ses oeuvres photographiques. Les objets de sa collection sont ses doubles et sont indispensables à l’artiste en tant que sources d’enseignements qui lui permettent de renouveler son art. En se nourrissant de références au roman L’Étranger d’Albert Camus et aux objets ready-made de Marcel Duchamp, l’artiste a mis en scène un monde après la fin de l’humanité, c'est une vision personnelle de l’Histoire vue depuis l’avenir tel qu'il l'imagine.

L’exposition est constituée d’une trentaine de scénarios, racontés par différents personnages fictifs: un apiculteur, un spécialiste des religions comparées ou encore un homme politique qui choisissent de préserver (ou non), pour le futur, leur patrimoine génétique individuel.

Conçue comme une sorte de ruine en résonance avec l’architecture atypique du Palais de Tokyo, l’exposition est la plus importante jamais réalisée en Europe par l’artiste, et aussi un projet unique qui témoigne de son large champ d’activité, depuis la littérature jusqu’à l’architecture. Elle est à l’image de sa tentative de comprendre l’art et l’histoire humaine selon une vaste échelle temporelle qui dépasse largement celle de l'humanité, tout en incluant sciences, religion, économie.

Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo
Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo
Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo
Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo
Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon, #art contemporain

Repost0

Publié le 20 Juin 2014

Hiroshi Sugimoto , né le 23 février 1948, est d'abord un photographe. Son œuvre photographique se compose de séries ayant chacune un thème différent mais partageant une logique semblable. Sugimoto est réputé pour son utilisation du format 8×10 pouces et des expositions extrêmement longues. Ses photographies sont toujours en noir et blanc.

Hiroshi quitte en 1968 le Japon pour Los Angeles. Il y découvre l’art conceptuel qui va influencer son travail mais aussi le dadaïsme et le surréalisme.

Sugimoto a commencé son travail par Dioramas, en 1976, une série dans laquelle il photographie des présentoirs dans des muséums d'histoire naturelle.

Sa série Portraits, commencée en 1999, est fondée sur une idée semblable. Sugimoto photographie des figures en cire d' Henry VIII et de ses épouses. Ces figures sont fondées sur des portraits du XVIe siècle ; lors de la prise des clichés de cette série, Sugimoto essaye cette fois de recréer l'éclairage utilisé par le peintre.

Commencé en 1978, la série des théâtres l'a amené à photographier de vieux cinémas et drive-in américains. Sugimoto choisit d'exposer le film pendant toute la durée de la séance, le projecteur du cinéma fournissant l'unique source de lumière. L'écran lumineux et intensément blanc est au centre de le composition, les détails architecturaux et les sièges du cinéma devenant les seuls sujets de ces photographies. L'unique source de lumière donne à ces travaux un aspect irréel et donne à Sugimoto l'occasion de montrer le temps qui passe au travers de la photographie, technique de l'instantané.

Série commencée en 1980 , les Seascapes capturent l’essence de paysages marins du monde entier en n’en retenant que les éléments fondamentaux, l’air et l’eau.

Ses photos de monuments religieux sont empreints d'une grande spiritualité. Ses poses longues, là encore permettent à la lumière de se diffuser, de donner l'impression que celle-ci "contourne" le monument, rendant ainsi perceptible le temps.

En 2007, ses photos de robes, pour des réalisations de grands couturiers comme Junya Watanabe (Comme des Garçons), Issey Miyake, ou Rei Kawakubo sont réalisées sur des mannequins de cire, mais le cadrage et le velouté des photographies peut laisser penser à des modèles vivants.

En 1995, il reçoit le  Prix Higashikawa

série dioramas : Cheetah

série dioramas : Cheetah

Théâtre

Théâtre

Seaspaces

Seaspaces

photo de mode "Comme des garçons", sur mannequin de cire

photo de mode "Comme des garçons", sur mannequin de cire

Hiroshi Sugimoto est intervenu comme maître d'œuvre dans la rénovation d'un temple shintô à Naoshima, dans le cadre du projet Benesse Art House

Le Sanctuaire Go'O était un temple secondaire, datant de la période Edo.
Hiroshi Sugimoto a restauré le bâtiment principal et conçu une nouvelle structure, dénommée Appropriate Proportion , et achevée en 2002 . Un escalier en verre de qualité optique, faisant penser à des blocs de glace, relie le bâtiment principal à une chambre de pierre souterraine, il unit le ciel et la terre; la sortie latérale de cette chambre souterraine se situe face à la mer, réalisant ainsi une liaison avec l'élément liquide.

Esthétiquement, les principaux éléments s'appuient sur le style architectural du début des sanctuaires (tels que le Grand Sanctuaire d'Ise), tout en reflétant la propre sensibilité de l'artiste, qui est aussi bien plasticien que photographe.

Hiroshi Sugimoto , artiste pluriel

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon, #art contemporain, #photographie

Repost0

Publié le 10 Mai 2014

Le festival Nebuta (ねぶた祭り Nebuta Matsuri) est une fête d'été qui se déroule principalement à Aomori, dans le Tôhoku.

D'immenses figurines de papier tendu sur des structures de bambou et de bois représentent des personnages et des scènes historiques, des guerriers samurai, des oiseaux ou encore d'autres animaux. Les personnages principaux sont issus de la mythologie japonaise, comme Izanagi et Izanami, de l'histoire japonaise comme des Shogun, du théâtre kabuki ou même de la mythologie chinoise. Il est possible également de représenter des personnages contemporains, vedettes ou héros de feuilletons TV. Ces figurines sont illuminées de l'intérieur et installées sur des chars yatai pour défiler dans les rues de la ville. Le festival d'Aomori a été désigné comme un bien culturel traditionnel important par le gouvernement japonais en 1980.

Un festival similaire, Neputa Matsuri, se déroule à Hirosaki, également début août. le Hirosaki Neputa Matsuri se caractérise par une soixantaine de neputa de toutes tailles en forme d'éventails, ornés d'images de légendes héroïques de la Chine ancienne, comme Sangokushi ou Saga des trois royaumes, ou encore Suikoden ou Les hors-la-loi du marais. Une tradition semblable existe aussi à Hakodate, au sud d'Hokkaido.

Le terme Nebuta (ou Neputa) vient du terme dialectal local Nepute pour Nemutai (endormi) qui renvoie à une des origines possibles de la tradition. En effet, plusieurs explications sont données quant à l'origine historique de cette fête. La première se rattache à la coutume du neburi-nagashi et du festival Tanabata. Au moment des grosses chaleurs de l'été, des lanternes flottantes étaient placées sur la rivière pour noyer dans le flot l'engourdissement et la paresse de l'été et redonner du courage aux agriculteurs pour la saison des récoltes.

Les grands nebuta demandent plus de 6 mois de travail et sont réalisés sous la conduite de maîtres réputés. Le bambou a été remplacé par du fil de fer. Les papiers sont tendus et collés sur l'armature métallique, puis décorés à l'encre de Chine. Enfin, le système d'éclairage est mis en place.


les plus gros des chars Nebuta font 5m de haut, 9 m de large, 7 m de profondeur. Ces dimensions ne peuvent pas être dépassées, compte tenu du profil des rues dans lesquelles ils sont amenés à circuler. Ils pèsent plus de 4 tonnes, y compris le générateur électrique.


Lors du défilé, les chars sont poussés par une quarantaine de personnes, accompagnés par des musiciens et des danseurs; ces personnes, appelées haneto, bougent au son des tambours et de la musique spécifique à ce festival. Toute personne, y compris les touristes, peut participer à l'une des processions comme haneto tant qu'ils portent le costume approprié.

Festival Nebuta

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon

Repost0